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Cricut vend plus de machines et gagne moins : ce que dit son bilan d’été

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Le 4 août 2026, Cricut a publié ses résultats du deuxième trimestre et le décalage saute aux yeux : le fabricant américain de machines de découpe annonce 156,3 millions de dollars de chiffre d’affaires, en recul de 9 % sur un an, alors que son PDG Ashish Arora revendique dans le même communiqué une croissance à deux chiffres des ventes de machines en magasin. Autrement dit, il se vend davantage de découpeuses qu’il y a un an, et l’entreprise encaisse pourtant moins. Pour qui fabrique ses stickers à la maison, ce grand écart en dit long sur la direction que prend tout le secteur.

Les machines partent, les consommables restent sur les étagères

Le détail du trimestre explique le paradoxe. La division « produits », qui regroupe les machines, les accessoires et les matériaux vendus sous la marque, tombe à 71,3 millions de dollars, soit une chute de 22 %. Dans le même temps, la division « plateforme » — abonnements, bibliothèques d’images, licences — progresse de plus de 5 % pour atteindre 85 millions. La plateforme rapporte désormais davantage que tout le matériel réuni.

Le nombre d’abonnés payants suit la même pente douce : 3,10 millions, en hausse de 3 %, pour près de six millions d’utilisateurs actifs. La machine, elle, devient un produit d’appel que l’on brade pour recruter un abonné. Un point mérite d’être signalé au passage : le bénéfice net affiché, 39,1 millions de dollars en hausse de 59 %, doit beaucoup à deux éléments exceptionnels, un remboursement de droits de douane de 20,3 millions et un règlement de redevances de 6,4 millions, comme le détaillent les documents présentés aux investisseurs. Sans eux, la rentabilité serait nettement plus modeste.

L’abonnement s’installe au centre du logiciel

Cette bascule se lit aussi dans les fonctions ajoutées au logiciel maison. Create AI, la génération d’images par intelligence artificielle intégrée à Design Space, est réservée aux abonnés Cricut Access et ne produit que des visuels noir et blanc en une seule couche, dont l’usage dans des projets destinés à la vente est interdit. L’outil suivant, l’AI Project Designer lancé le 14 avril 2026, a changé de logique : il s’ouvre à tout le monde, mais fonctionne au crédit. Chaque génération ou correction en consomme un, les comptes gratuits reçoivent une dotation unique, les abonnés une réserve mensuelle non reportable d’un mois sur l’autre.

La logique est limpide : le prix d’entrée baisse, le coût d’usage monte et s’étale dans le temps. Ce n’est pas propre à une marque, c’est le mouvement de fond de tout le petit matériel créatif connecté.

Ce que cela change quand on veut découper ses stickers

Concrètement, le prix affiché sur l’étiquette ne suffit plus à comparer deux appareils. Il faut y ajouter ce que coûtera le logiciel sur trois ans, vérifier si les fichiers que l’on prépare soi-même s’importent librement, et regarder si les consommables d’autres marques passent sans difficulté. La chute de 22 % des ventes de matériaux de marque laisse d’ailleurs penser que beaucoup d’utilisateurs se fournissent déjà ailleurs — une lecture, pas une donnée officielle.

Si vous en êtes au stade du choix, notre comparatif des machines à stickers détaille les usages auxquels répond chaque type d’appareil. Et si vous hésitez encore à investir, le guide sur l’impression de stickers et ses vrais prix compare ce que coûte une planche selon qu’on la produit chez soi ou qu’on la commande.

Julien Juchereau

Julien Juchereau écrit sur le sticker sous toutes ses formes : décoration murale, personnalisation, signalétique adhésive et covering. Depuis son atelier, il compare les matières et les finitions — vinyle monomère ou coulé, laminé mat ou brillant —, teste les méthodes de pose et de retrait sur de vraies surfaces, et démêle ce qui relève de la vraie différence technique de ce qui n'est qu'un argument de vente. Ses guides suivent une règle simple : n'écrire que ce qu'on peut vérifier, prix et durées de vie compris.