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Captages d’eau potable: la PAC ne couvre que 4 % des aires, la Fnab réclame la bio partout

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En 2023, 4 % des surfaces d’alimentation de captages d’eau potable étaient couvertes par une MAEC ou une aide à l’agriculture biologique de la PAC. La Fnab demande d’étendre l’agriculture biologique à 100 % des aires d’alimentation de captage. L’Agence Bio observe que, dans ces zones, la part de surfaces agricoles en bio reste inférieure à la moyenne nationale.

La protection des captages d’eau potable revient sur le devant de la scène avec la présentation d’une feuille de route gouvernementale dédiée, évoquée par la Fnab. Dans ce débat, un point cristallise les tensions entre ambitions affichées et outils mobilisés sur le terrain: la place des mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC) et des soutiens à la bio dans les aires d’alimentation de captage (AAC), ces zones où les pratiques agricoles pèsent directement sur la qualité de l’eau prélevée.

Le sujet n’est pas technique pour les seuls spécialistes. Quand un captage est fragilisé, le risque est simple à comprendre: l’eau brute devient plus difficile à traiter, ou le point de prélèvement peut être abandonné. Résultat: il faut sécuriser d’autres ressources, adapter les réseaux, et cela finit par se traduire dans l’organisation du service d’eau, parfois dans la facture, et dans les choix d’aménagement du territoire.

En chiffres
4 %
Surfaces d’AAC couvertes par une MAEC ou une aide bio
Fnab, 2023
41 %
Abandons de captages attribués aux pollutions diffuses agricoles
selon la Fnab
9 %
Part des surfaces agricoles en bio dans les AAC
Agence Bio
33 000
Aires de captage d’eau potable en France
données Cartobio/Agence Bio
80-85 %
Part des surfaces bio couvertes par les déclarations PAC
aires-captages.fr

Pourquoi les aires d’alimentation de captage (AAC) comptent autant

Une aire d’alimentation de captage correspond aux surfaces sur lesquelles l’eau qui s’infiltre ou ruisselle contribue à alimenter la ressource en eau où s’effectue un prélèvement destiné à l’eau potable. D’après la définition reprise sur data.gouv.fr pour l’Agence de l’eau Seine-Normandie, l’AAC est établie sur des bases hydrologiques ou hydrogéologiques, et elle peut correspondre à un sous-bassin versant en amont d’une prise d’eau, ou au bassin d’alimentation d’un captage souterrain. [5]

Dit autrement, l’AAC est la « zone d’influence » d’un captage. Ce cadrage est central pour l’action publique: il permet d’identifier où concentrer les efforts de prévention, plutôt que de traiter les problèmes une fois que les pollutions se retrouvent dans l’eau. Dans les AAC, les pollutions dites diffuses sont au cœur du sujet, parce qu’elles proviennent d’une multitude de pratiques et de parcelles, et non d’un seul rejet ponctuel.

La Fnab met ce point au centre de son argumentaire: selon l’organisation, les pollutions diffuses d’origine agricole sont responsables de 41 % des abandons de captages d’eau potable. [1]

4 % en 2023: ce que dit la Fnab sur les aides PAC dans les AAC

Le chiffre a été mis en avant par la Fnab dans le contexte de la feuille de route présentée fin mars: l’organisation affirme que 4 % des surfaces d’alimentation de captages étaient couvertes par une MAEC ou une aide à l’agriculture biologique en 2023. [1]

Pour comprendre l’enjeu concret, il faut se rappeler ce que sont ces outils. Les MAEC sont des dispositifs de la Politique agricole commune qui soutiennent des engagements environnementaux sur plusieurs années. Les aides à la bio, elles, visent à accompagner les exploitations engagées dans ce mode de production. Dans une AAC, ces dispositifs servent de leviers pour faire évoluer les pratiques agricoles, donc réduire les pressions sur la ressource en eau.

La Fnab juge la feuille de route floue et centrée sur un calendrier de concertations, alors que les leviers actionnables seraient déjà connus. [1] Son diagnostic est clair: la marche est trop haute entre l’objectif de sécurisation des captages et le niveau réel de couverture des mesures incitatives sur les zones concernées.

Résultat: le débat se déplace vers une question simple, presque domestique dans sa formulation, mais lourde de conséquences: qui paie l’effort de prévention, et comment l’organise-t-on, quand la qualité de l’eau dépend de décisions prises à l’échelle d’exploitations agricoles dispersées sur un bassin?

Ce qui peut changer dans les aires de captage

Qualité de l’eau
Les AAC concentrent l’action de prévention car elles alimentent directement les ressources prélevées pour l’eau potable. [5]
Couverture des mesures
La Fnab met en avant une couverture limitée des AAC par les MAEC et aides bio de la PAC, avec 4 % en 2023. [1]
Inégalités territoriales
L’Agence Bio décrit de forts écarts de part de SAU bio selon les agences de l’eau, de 2 % à 17 % dans les AAC. [2]
Règles vs incitations
Le débat oppose des outils d’incitation (PAC, contrats) et des pistes d’interdiction des intrants de synthèse dans certaines AAC, évoquées au Parlement. [2]
Données et pilotage
Le croisement Cartobio/AAC via l’OiEau améliore le ciblage, mais les données issues des déclarations PAC restent partielles, autour de 80-85 % des surfaces bio. [4]

La photo de l’Agence Bio: bio minoritaire, fortes disparités selon les zones

L’Agence Bio a publié un éclairage présenté comme inédit sur les zones de captage d’eau potable, en s’appuyant sur des développements de Cartobio et sur les 33 000 aires de captage d’eau potable que compte la France, selon l’article de Réussir Bio. [2]

Premier constat mis en avant: 50 % des AAC ont moins de 3 % de SAU bio (surface agricole utile conduite en agriculture biologique) d’après ces chiffres. [2] L’Agence Bio indique également que 9 % des surfaces agricoles situées dans les AAC sont conduites en bio, contre 10 % en moyenne sur l’ensemble du territoire national. [2]

Au-delà de la moyenne, l’Agence Bio décrit une distribution très inégale: seulement 4 aires d’alimentation de captages seraient en 100 % bio, 3 % des AAC présenteraient plus de 50 % de SAU bio, 16 % plus de 21 %, et 28 % plus de 10 %. [2]

Les écarts se lisent aussi par grands bassins: la part de SAU en bio dans les AAC varierait de 2 % pour l’Agence Artois-Picardie à 17 % pour Rhône-Méditerranée, toujours selon l’Agence Bio via Réussir Bio. [2]

Pour le quotidien, ces disparités signifient que certaines collectivités disposent déjà d’un tissu d’exploitations bio qui peut servir de point d’appui pour des contrats de territoire autour de l’eau, alors que d’autres partent d’une base beaucoup plus faible. Dans les zones où la bio est marginale, la transition suppose de traiter des questions très concrètes: débouchés, organisation des filières, et trajectoires économiques des fermes.

Bio, pesticides, engrais: les demandes de la Fnab et le débat politique

La Fnab défend une ligne directe: généraliser l’agriculture biologique sur 100 % des aires d’alimentation de captage d’eau potable. [1] L’organisation avance que la bio, en se passant de pesticides de synthèse, est le modèle qui permet de produire une alimentation saine tout en protégeant la qualité de l’eau. [1]

Dans un communiqué, la Fnab s’appuie aussi sur un rapport interministériel (IGAS, IGEDD, CGAAER) publié en juin 2024, qui estime que le soutien à un écorégime fort dans la prochaine PAC pour l’agriculture biologique serait le moyen le plus efficace pour protéger les aires de captage. [3] La Fnab formule des demandes chiffrées sur les dispositifs de soutien, avec un écorégime bio à 145 €/ha/an et une hausse du crédit d’impôt bio à 6 000 euros par exploitation. [3]

En parallèle, le sujet se politise au Parlement. Selon Réussir Bio, l’interdiction de l’usage des pesticides de synthèse et des engrais minéraux dans les AAC fait l’objet de débats, avec un amendement adopté en commission développement durable à la proposition de loi dite Duplomb, porté par la députée Sandrine Le Feur, visant une interdiction à compter de septembre 2030 dans les aires associées à des points de prélèvement sensibles. [2]

Résultat: deux approches se font face, parfois au sein des mêmes acteurs publics. D’un côté, une logique d’incitation et de contractualisation (MAEC, aides bio, écorégime). De l’autre, une logique d’interdiction ciblée sur des zones jugées sensibles. Dans la vie réelle des territoires, ces choix ne sont pas neutres: ils conditionnent la vitesse de changement, l’acceptabilité par les agriculteurs, et la capacité à éviter que la prévention ne se transforme en conflit local durable.

Cartobio, déclarations PAC: ce que mesurent les données et leurs limites

La production de données est un sujet en soi. Le site aires-captages.fr explique que l’accès aux îlots parcellaires déclarés en agriculture biologique a été rendu possible via un croisement entre les données de Cartobio et les périmètres des AAC, réalisé par l’OiEau. [4] Les informations bio disponibles sur ce site proviennent des déclarations PAC. [4]

Le même document précise que ces données ne sont pas exhaustives: environ 80 % à 85 % des surfaces totales labellisées en bio seraient disponibles via ces déclarations. [4] Ce point compte quand on interprète les cartes ou quand on compare des territoires. Une zone peut apparaître moins « bio » qu’elle ne l’est si une partie des surfaces n’est pas captée par les déclarations mobilisées pour l’exercice.

Malgré ces limites, la logique est claire: mieux cartographier pour mieux cibler. Pour une collectivité, cela peut changer la manière de piloter une politique de protection de l’eau: repérer les parcelles les plus proches des zones d’infiltration, identifier les exploitations déjà engagées dans des démarches, et construire des programmes plus fins que des dispositifs uniformes.

Le prochain test sera celui de l’exécution: transformer des diagnostics partagés en changements de pratiques à grande échelle, dans des AAC où, selon l’Agence Bio, la moitié des zones restent sous les 3 % de SAU bio. [2]

recap

enjeux

Chiffres clés sur PAC, bio et captages

  • La Fnab affirme que 4 % des surfaces d’alimentation de captages étaient couvertes par une MAEC ou une aide bio en 2023. [1]
  • L’Agence Bio indique que 9 % des surfaces agricoles en AAC sont conduites en bio, contre 10 % en moyenne nationale. [2]
  • La moitié des AAC ont moins de 3 % de SAU bio selon l’Agence Bio. [2]
  • Les données bio d’aires-captages.fr proviennent des déclarations PAC et ne couvrent pas toutes les surfaces labellisées. [4]
  • Un débat parlementaire évoque une interdiction des pesticides de synthèse et engrais minéraux en AAC à partir de septembre 2030, selon Réussir Bio. [2]

Cet article a été rédigé avec l' assistance de l' intelligence artificielle à partir de sources journalistiques.

Julien Juchereau

Julien Juchereau écrit sur le sticker sous toutes ses formes : décoration murale, personnalisation, signalétique adhésive et covering. Depuis son atelier, il compare les matières et les finitions — vinyle monomère ou coulé, laminé mat ou brillant —, teste les méthodes de pose et de retrait sur de vraies surfaces, et démêle ce qui relève de la vraie différence technique de ce qui n'est qu'un argument de vente. Ses guides suivent une règle simple : n'écrire que ce qu'on peut vérifier, prix et durées de vie compris.