Beyond the Streets : dernier week-end à La Villette

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Il ne reste que trois jours pour voir Beyond the Streets à Paris. Installée depuis le 27 mai dans la Grande Halle de la Villette, l’exposition ferme ses portes le dimanche 23 août 2026. Sur 3 600 m², elle réunit plus de cent artistes internationaux autour d’un demi-siècle de graffiti, de street art et de cultures urbaines. Pour qui s’intéresse aux autocollants, c’est une occasion rare de voir rassemblés des artistes qui ont fait du support adhésif un moyen de diffusion à part entière.
Une halle industrielle pour cinquante ans de rue
Le parcours est signé Roger Gastman, commissaire américain déjà à l’origine de l’exposition Art in the Streets à Los Angeles et producteur du documentaire Exit Through the Gift Shop. La version parisienne, présentée sur le site officiel de Beyond the Streets Paris, retrace le passage du tag sur les rames de métro aux salles d’exposition, en mêlant œuvres, installations monumentales et archives photographiques.
Les noms annoncés par la Grande Halle donnent le ton : Keith Haring, FUTURA 2000, Lady Pink, Barry McGee, Kenny Scharf, Shepard Fairey, Invader, JR, JonOne ou André Saraiva, aux côtés des photographes Martha Cooper et Henry Chalfant, dont les images ont fait connaître le graffiti new-yorkais bien au-delà de ses quartiers d’origine. La scène française y tient une place notable.
Le sticker, outil discret d’une culture visuelle
Parmi ces artistes, Shepard Fairey est sans doute celui dont la trajectoire doit le plus à l’autocollant. En 1989, alors étudiant à la Rhode Island School of Design, il dessine un portrait stylisé du catcheur André le Géant et le fait imprimer en stickers. L’école raconte aujourd’hui que l’idée était au départ une simple blague destinée à amuser ses copains skateurs, avant de devenir un propos plus large sur la démocratisation de l’art et sur l’attention que l’on porte à son environnement.
Ce glissement dit bien pourquoi le sticker a compté dans cette culture. Il se produit en série pour quelques centimes, se transporte dans une poche, se pose en une seconde et se retire presque aussi vite. Là où une fresque demande un mur, du temps et une autorisation, l’autocollant se contente d’un poteau, d’un panneau de signalisation ou d’un arrière de camion. Sa fragilité fait partie du jeu : il se superpose, se déchire, disparaît sous la couche suivante.
Cette économie modeste explique aussi sa longévité. Les motifs circulent d’une ville à l’autre par la poste, s’échangent entre artistes, se collectionnent en planches. Le passage par une institution comme la Grande Halle ne referme pas cette histoire, il en montre une étape : ce qui se collait sur les boîtiers électriques finit accroché au mur, éclairé et daté.
Comment la voir avant dimanche
L’exposition se tient au 211 avenue Jean-Jaurès, dans le 19e arrondissement de Paris. D’après la page officielle de La Villette, elle est ouverte le vendredi de 11 h à 18 h, le samedi de 10 h à 19 h et le dimanche de 10 h à 18 h, dernier jour compris. Le tarif plein annoncé est de 15 €, avec un tarif réduit à 12 € et la gratuité pour les moins de 12 ans. Comptez environ une heure et demie de visite.
Si Paris est trop loin, la saison ne s’arrête pas là : le graffiti se pratique aussi en festival, comme le Meeting of Styles installé ce week-end à Paimpol. Et pour passer de la contemplation à la pratique, notre guide sur comment faire des autocollants soi-même détaille les trois méthodes accessibles à la maison, du papier adhésif imprimé à la découpe machine.
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