Culture sticker & street art

Le street art tient encore trois semaines au Petit Palais

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L’art urbain entre dans son dernier mois au Petit Palais. Le musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris présente WE ARE [still] HERE jusqu’au 20 septembre 2026, une exposition gratuite qui rassemble près de deux cents œuvres dans la salle Concorde et au fil des collections permanentes. Le commissariat est signé Mehdi Ben Cheikh, galeriste et fondateur de la galerie Itinerrance, déjà à l’origine de la première édition présentée en 2024.

La proposition tient en une idée simple : ne pas isoler l’art urbain dans une salle à part, mais le laisser circuler dans le musée. Les installations de Seth et d’Inti, entrées dans les collections, se découvrent désormais au milieu des peintures et des sculptures du parcours permanent. Le musée décrit l’ensemble comme un dialogue entre patrimoine et création contemporaine, avec l’ambition affichée de mettre en avant la scène française face à la création internationale.

Un mouvement qui a commencé sur des surfaces gratuites

Voir des artistes de rue accrochés sous les dorures d’un palais construit pour l’Exposition universelle de 1900 a de quoi surprendre. C’est pourtant l’aboutissement d’une trajectoire longue, et le sticker y a joué un rôle discret mais réel. Il a longtemps été le format d’entrée du mouvement : peu cher, rapide à poser, facile à diffuser en nombre.

Le cas le plus connu reste celui de Shepard Fairey. Étudiant à la Rhode Island School of Design, il fabrique à l’été 1989 quelques autocollants à partir d’une publicité de catch, pour une blague entre skateurs. Le motif circule dans les réseaux du skate et du graffiti, puis dans les villes américaines. En 1996, une mise en demeure de la succession du catcheur le pousse à redessiner l’image et à la réduire à un seul mot : OBEY, emprunté au film They Live. Le détail est raconté dans la fiche consacrée à cette campagne. Trente ans plus tard, les mêmes artistes signent des murs commandés par des villes et des œuvres exposées dans des musées nationaux.

Cette filiation explique pourquoi les vitrines de librairies de musée vendent aujourd’hui des planches d’autocollants d’artistes. Le sticker n’a jamais quitté la rue, il a simplement gagné une seconde vie en boutique et en collection. Nous avons rassemblé d’autres épisodes de cette histoire dans notre rubrique Culture sticker & street art.

Comment voir l’exposition avant le 20 septembre

Le Petit Palais se visite du mardi au dimanche, de 10 heures à 18 heures, la dernière entrée étant fixée à 17 h 15. Les collections permanentes sont gratuites et en accès libre, ce qui vaut aussi pour ce parcours d’art urbain. L’adresse : avenue Winston-Churchill, dans le 8e arrondissement de Paris, à quelques minutes des Champs-Élysées.

Trois semaines restent donc pour en profiter. Le calendrier parisien est d’ailleurs chargé de ce côté : la grande rétrospective Beyond the Streets, à la Grande Halle de la Villette, referme ses portes ce week-end, tandis que la rentrée amènera son lot de festivals de fresques en Île-de-France. Pour qui s’intéresse aux images collées, peintes ou imprimées dans l’espace public, la fin de l’été est une bonne fenêtre.

Julien Juchereau

Julien Juchereau écrit sur le sticker sous toutes ses formes : décoration murale, personnalisation, signalétique adhésive et covering. Depuis son atelier, il compare les matières et les finitions — vinyle monomère ou coulé, laminé mat ou brillant —, teste les méthodes de pose et de retrait sur de vraies surfaces, et démêle ce qui relève de la vraie différence technique de ce qui n'est qu'un argument de vente. Ses guides suivent une règle simple : n'écrire que ce qu'on peut vérifier, prix et durées de vie compris.