Culture sticker & street art

À Antony, 71 artistes urbains peignent en direct les 19 et 20 septembre

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Les 19 et 20 septembre 2026, le quartier Saint-Saturnin d’Antony, dans les Hauts-de-Seine, se transforme en atelier géant à ciel ouvert. Pour sa onzième édition, le festival de street art de la ville réunit 71 artistes urbains qui peignent en direct, sous les yeux du public, sur de grandes toiles de plus de deux mètres. Les séances se déroulent de 13 h à 18 h 30, réparties sur la place de l’Église, la place de l’Hôtel-de-Ville et, nouveauté de cette année, la place du Théâtre Firmin-Gémier, comme l’annonce la page événement de la ville d’Antony. Des démonstrations de danse hip-hop et de breakdance accompagnent les deux journées.

La trajectoire du rendez-vous raconte à elle seule quelque chose de la place prise par l’art urbain dans les villes moyennes. La première édition rassemblait huit artistes. Ils étaient une cinquantaine en 2024. Ils sont 71 cette année. La commune précise que les toiles resteront ensuite accessibles au public en dehors des horaires du festival, ce qui prolonge l’événement bien après le week-end.

Peindre sur toile plutôt que sur mur, un choix qui change tout

Le format retenu à Antony n’est pas anodin. Beaucoup de festivals d’art urbain confient des façades entières aux artistes, avec nacelles et autorisations de copropriété à la clé. Ici, le support est une toile mobile installée sur l’espace public. L’œuvre naît devant les passants, puis elle peut être déplacée, réinstallée, exposée ailleurs.

Ce déplacement du mur vers la toile pose une question ancienne : un graffiti sorti de la rue reste-t-il du graffiti ? Les artistes tranchent rarement, et beaucoup travaillent en parallèle sur les deux terrains. Le public, lui, gagne quelque chose de rare : il voit le geste, le repentir, le passage du croquis à la couleur. C’est exactement ce que le mur peint de nuit ne montre jamais.

Où se situe l’adhésif dans ce paysage

Les festivals mettent la bombe aérosol en vedette, mais l’autocollant n’est jamais loin. Le sticker reste le format d’entrée de l’art urbain : rapide à produire, facile à diffuser, il circule de main en main entre artistes pendant ce genre de week-end, sur les carnets, les casquettes et les caisses de matériel. C’est le vecteur discret d’une scène qui s’affiche par ailleurs en très grand format.

Beaucoup d’artistes s’en servent aussi comme carte de visite. Un pseudonyme, un personnage récurrent, une couleur reconnaissable : la signature adhésive fonctionne comme un condensé de leur travail mural. Ceux qui veulent comprendre comment ces visuels tiennent dehors trouveront des repères dans notre guide sur le choix du vinyle adhésif, où la question de la résistance aux UV et à la pluie se joue davantage sur la matière que sur l’encre.

Une rentrée dense pour l’art urbain

Antony arrive dans une saison chargée. À Paris, l’exposition « We Are [still] Here » occupe encore le Petit Palais jusqu’au 20 septembre, un rendez-vous détaillé dans notre article sur le street art au Petit Palais. Ce week-end du 19 et 20 septembre est aussi celui de la 43e édition des Journées européennes du patrimoine. De quoi circuler dans la même journée entre les musées institutionnels et les places de banlieue, sans hiérarchie.

Pour qui fera le déplacement, la circulation automobile est fermée à partir de 13 h afin de laisser passer les visiteurs d’une place à l’autre. Le reste tient au hasard des rencontres, ce qui est encore la meilleure façon de découvrir une scène.

Julien Juchereau

Julien Juchereau écrit sur le sticker sous toutes ses formes : décoration murale, personnalisation, signalétique adhésive et covering. Depuis son atelier, il compare les matières et les finitions — vinyle monomère ou coulé, laminé mat ou brillant —, teste les méthodes de pose et de retrait sur de vraies surfaces, et démêle ce qui relève de la vraie différence technique de ce qui n'est qu'un argument de vente. Ses guides suivent une règle simple : n'écrire que ce qu'on peut vérifier, prix et durées de vie compris.