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AeroSHARK : le film adhésif en peau de requin qui fait économiser du kérosène aux avions

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Et si l’avenir de l’adhésif se jouait aussi à 10 000 mètres d’altitude ? Le groupe Lufthansa teste depuis l’été une nouvelle génération d’AeroSHARK, un film qui imite la peau de requin pour réduire la traînée des avions. Selon le communiqué publié le 30 juillet 2026, environ 70 échantillons de film transparent ont été collés sur un Airbus A319 de Lufthansa City Airlines, qui les promène entre Munich et Hamburg jusqu’en février 2027.

Un film strié comme une peau de requin

Le principe tient en un mot : les riblets. Ce sont de minuscules rainures, hautes d’environ 50 micromètres, alignées dans le sens de l’écoulement de l’air. Comme les écailles d’un requin, elles freinent moins le flux que la surface lisse d’une carlingue peinte. Lufthansa présente AeroSHARK comme la seule technologie de riblets homologuée à ce jour dans l’aviation commerciale.

Le gain revendiqué paraît modeste : environ 1 % de carburant et de CO₂ en moins par vol. Mais à l’échelle d’une flotte, le groupe affirme économiser chaque jour près de 19 tonnes de kérosène et 60 tonnes de CO₂. En juillet 2026, 22 avions long-courriers en étaient équipés : les 12 Boeing 777-300ER de SWISS, cinq 777F de Lufthansa Cargo, quatre 777-200ER d’Austrian Airlines et un 747-400 de Lufthansa.

Des patchs de 20 cm pour trouver le bon adhésif

Ce qui rend l’essai en cours intéressant pour les amateurs de stickers, c’est sa méthode. Les patchs mesurent 20 cm sur 20 cm et varient par leur matière et la composition de leurs couches. Ils sont posés sur les flancs du fuselage ainsi qu’à l’intérieur et à l’extérieur des capots moteurs, puis contrôlés régulièrement lors des escales à Hamburg.

Les critères recherchés par Lufthansa Technik et son partenaire Surventis, l’ancien BASF Coatings, parleront à tous ceux qui ont déjà posé un adhésif : résistance dans la durée, application facile, nettoyage simple et retrait sans résidu. Autrement dit, les mêmes qualités que l’on attend d’un bon vinyle, poussées à l’extrême entre le froid de l’altitude et les variations de pression. À terme, les deux partenaires envisagent d’utiliser ce nouveau film sur les ailes et les empennages, des zones plus exposées.

Bientôt sur un premier Airbus

L’autre étape est déjà lancée. Comme le rapporte AeroCorner le 10 septembre 2026, un A330 de Discover Airlines doit devenir le premier Airbus au monde à recevoir ce film. Les travaux ont commencé fin août à Dresde et la certification auprès de l’EASA, qui couvre les A330-200 et A330-300, est entrée dans sa phase finale, sans date d’aboutissement annoncée. Pour donner une idée des surfaces en jeu, un Boeing 777-300ER réclame environ 950 m² de film.

Cette histoire illustre une tendance de fond : l’adhésif ne sert plus seulement à décorer, il devient un matériau technique à part entière. On le voit déjà sur la route avec le covering, dont nous détaillons les bons gestes dans notre guide pour poser un sticker sur une voiture. Et pour comprendre comment ces grandes surfaces sont imprimées et découpées, notre article sur l’impression grand format fait le tour de la question.

Julien Juchereau

Julien Juchereau écrit sur le sticker sous toutes ses formes : décoration murale, personnalisation, signalétique adhésive et covering. Depuis son atelier, il compare les matières et les finitions — vinyle monomère ou coulé, laminé mat ou brillant —, teste les méthodes de pose et de retrait sur de vraies surfaces, et démêle ce qui relève de la vraie différence technique de ce qui n'est qu'un argument de vente. Ses guides suivent une règle simple : n'écrire que ce qu'on peut vérifier, prix et durées de vie compris.